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Une des grandes
Résumé : Témoignage d'une des grandes de 20 ans, arrivée au foyer à l'âge de 9 mois dans un état d'extrême faiblesse, mais Sœur Jeanine a la certitude que cette enfant vivra.
Aujourd'hui cette jeune fille qui prépare son entrée à l'université peut écrire de Sœur Couve « ça se voit, car elle nous couve d’amour et de tendresse; on l’appelle Maman »...« rien ne m’est arrivé, sinon la vie. » « Si notre monde est malade, c’est que notre cœur l’est, parce que pour moi, c’est le cœur de Maman qui m’a sauvée. »
Bonjour, j’ai vingt ans et je suis une orpheline de père. J’habite au Foyer Sainte Famille depuis tout bébé, élevée par une religieuse qui s’appelle Jeanine Thérèse Émilie Couve. Ça se voit, car elle nous couve d’amour et de tendresse. On l’appelle « Maman ». Je dis bien « on », car je ne suis pas la seule, nous sommes aujourd’hui seize frères et sœurs, sans compter ceux qui sont déjà passés sous le toit du foyer, les anciens, capables de se prendre en charge par leurs propres moyens, comme les petits oiseaux quittant leur nid pour apprendre à se débrouiller seuls.
Je suis arrivée au foyer, âgée de neuf mois, et ne pesais qu’à peine trois kilos (voyez comment j’ai pu être traitée et ce que j’ai pu endurer depuis ma naissance !) Je bougeais à peine tellement j’étais faible. Seuls mes yeux faisaient signe de vie. Tout le monde disait que je ne tiendrai plus longtemps et que d’ici quelques semaines j’allai mourir…sauf Maman. Elle avait la ferme certitude et gardait l’espoir. Elle seule pouvait voir et constater la discrète amélioration de mon état. Elle disait à tous : « Non, cet enfant ne mourra pas mais elle vivra, telle est la volonté de Dieu ». Le temps passe, les mois, les années, rien ne m’est arrivé, sinon la vie. Même l’Évêque de notre diocèse réclamait que je sois baptisée dans le plus bref délai. Maman a refusé et j’ai été baptisée six mois plus tard, comme tous les autres enfants à l’église, quelques mois après l’arrivée du Pape Jean-Paul II en avril 1989 : il m’a pris dans ses bras et m’a bénie, je représentais tous les bébés ayant le même cas que moi ou pire. C’était la grâce de Dieu qui passait à travers Maman, une petite religieuse lozérienne perdue dans une île, Madagascar.
Je suis à moitié malgache, ma mère biologique est malgache et mon père est italien mais je ne le connais pas. J’ai passé mon brevet dans un grand collège sous la responsabilité des Frères Maristes et avec l’aide d’une association italienne. À présent, je suis en train de passer des concours pour entrer à l’université après avoir passé mon bac. Ici, on ne peut pas faire une année universitaire sans avoir réussi un concours. J’aimerais bien faire un métier d’infirmière, mais tout dépendra de ma réussite…
Chère Maman Jeanine, c’est à toi et au monde entier que je dédie mon témoignage en reconnaissance de l’amour dont tu nous combles, chacun de tes enfants adoptifs… Si notre monde est malade, c’est que notre cœur l’est, parce que pour moi, c’est le cœur de Maman qui m’a sauvée. Grâce à elle, j’ai pu avoir la foi en Dieu. Ne cherchons pas loin pour guérir et soigner le monde, cherchons dans notre cœur.
14 décembre 2008, Diego





