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Père Jacques Rodier
Témoignage de mon voyage pèlerinage à MADAGASCAR, 18 février – 10 mars 2010
Résumé : Le Père J.Rodier souligne les soucis quotidiens liés à l'environnement extrêmement pauvre, qui engendre violence et prostitution; mais au foyer règne un climat serein et familial autour des 3 religieuses et leurs 22 enfants et jeunes.
Lors de son séjour dans l'île, le Père Rodier s'est également attaché à rencontrer les communautés religieuses locales, (à ce jour 1200 personnes assistent à la messe du dimanche à Diégo), et a tissé des liens avec les équipes de scouts. Le souvenir de Mgr SARTRE, 1er archevêque lozérien de Antananarivo reste vivant, et sur ce socle, le Père Rodier souhaite créer des relations plus étroites entre les deux diocèses.
Salama (bonjour)
Mes 3 objectifs:
- Rendre visite à une Lozérienne, Sœur Jeanine COUVE, à ANTSIRANANA (Diégo Suarez), qui continue l’œuvre de la mission des Sœurs de St Joseph accueillant des enfants orphelins et abandonnés par leur famille.
- Aller me recueillir sur la tombe de Mgr Sartre, ancien archevêque d’Antananarivo, figure emblématique d’un Lozérien, qui a voulu mourir sur place en 2000, à 98 ans.
- Préparer un camp avec les Scouts Unitaires de la paroisse St Sulpice (Paris 6 ème) et des scouts routiers de la paroisse d’Andraisoro (quartier de Antananarivo) dont je connaissais le chef pour 2012.
Le foyer Sainte Famille à Diégo-Suarez avec Sr Jeanine COUVE
Par choix et conviction j’ai préféré prendre le taxi-brousse plutôt que l’avion, pour me rendre au nord de l’ile, à Diego Suarez : 1200 km, 27 h de trajet, route goudronnée, chemin très boueux, paysage magnifique, repas dans les « guinguettes » de bord de la route, chaque jour midi et soir : du riz avec du poulet ou bien du zébu accompagné de sauces piquantes…, 3 fois par jour pour les Malgaches, même au petit déjeuner.
Quelle joie de rencontrer nos 3 religieuses, et leurs 22 enfants et jeunes ! Un climat de famille, de paix, de sérénité, se dégage de ce foyer. Une œuvre constituée petit à petit : cinq maisons, dont une ferme qui est exploitée par les plus grands avec une des religieuses, et qui assure l’autofinancement du foyer avec de bons légumes et des volailles... L’originalité de cette œuvre est dans son fondement même, à savoir que pour les enfants, c’est leur unique maison, et que « les religieuses sont comme des mamans, à la manière de St Joseph, père adoptif de Jésus ». C’est une belle institution qu’il ne faut pas laisser perdre. Rappelons-le, ces enfants orphelins n’ont plus de famille référencée.
L’exploitation, qui se trouve à plus de 50 km, est très moderne, dotée d’un tracteur et de tout le matériel ; elle est très performante et éducative. Les enfants aiment aller y jouer, y travailler… Le matin du 28 février, des panneaux solaires ont été volés, au cours d’un orage. Les chiens n’ont rien entendu, rien senti. Ce vol pose de sérieuses questions sur la sécurité du matériel de la ferme. En effet, ces panneaux alimentent l’énergie de la maison mais aussi permettent aux pompes de remonter l’eau du puits et d’arroser les plantations. Des solutions antivols et de gardiennage doivent être trouvées au plus vite, ainsi que le remplacement de ces panneaux manquants.
Sr Jeanine COUVE est née en Lozère, et depuis 40 ans elle est missionnaire à Madagascar, d’abord chez les sœurs de St Joseph, puis au départ de la communauté elle a désiré rester. Elle a appris le malgache, et aujourd’hui elle a créé la communauté des Sœurs de la Sainte Famille, où elles sont trois, à gérer ce foyer d’enfants orphelins. Cette institution est en pourparler avec le diocèse de DIEGO pour se faire reconnaître afin de pérenniser l’œuvre. Mais cette démarche est longue et difficile, ce qui constitue un souci majeur.
Avec les enfants, je suis resté 5 jours, ils m’ont beaucoup apporté. Leurs visages seront dans mon cœur. Je les ai aidés un peu à faire leurs devoirs sur la table de la salle à manger. ls ont de 2 à 24 ans. Toutes les classes d’âge sont représentées. On a aussi joué, fait la lessive à la main, préparé le repas, prié…
J’ai apporté depuis la Lozère des habits d’enfants donnés par Emmaüs Marvejols. Ils seront bien utiles. Les religieuses ont été sensibles à cette aide et remercient l’association.
J’ai été marqué par la mission de ces religieuses, et par la qualité de leur travail. J’ai apprécié leur vocation à l’image de St Joseph père adoptif et éducateur de Jésus :intuition fort belle, qui je suis sûr, attirera de nouvelles vocations (religieuses)….
Je pense que ces enfants orphelins ont beaucoup de chance de bénéficier de cette œuvre et de vivre une vraie vie de famille.
J’ai eu également des contacts avec les 3 prêtres de la paroisse de St Joseph, qui m’ont bien accueilli. Ils m’ont donné la parole afin de me présenter, devant plus de 1200 paroissiens à la messe du dimanche: une communauté très chantante et recueillie.
Une visite chez les pères spiritains avec le père Gaby s’est imposée puisque j’avais préparé mon voyage depuis le siège de leur communauté à Paris. De chez eux, nous avons une vue splendide de la baie de DIEGO. Ce qui m’a choqué en visitant cette belle ville, c’est la présence de très nombreux européens, hommes célibataires, qui se promènent avec des jeunes filles Malgaches, les nombreux hôtels vivent de cela !...
En terminant, je ne peux passer sous silence l’Association Mendiego (MENDE-DIEGO), créée en Lozère depuis deux ans, afin de soutenir l’œuvre de la Sainte Famille. C’est à ce titre que nous avons rencontré sur place à Diego, le vice président, un médecin lozérien, le docteur Jacques DELON, pneumologue, et bénévole pour quelques mois à l’hôpital de Diego. Il permet à de nombreux enfants et adultes d’être bien soignés, particulièrement pour l’asthme. Cette association est un pont entre nos deux villes.
Conclusion : et maintenant ?
Ce voyage de 20 jours ne peut s’arrêter là. Des contacts ont été pris, des liens se sont soudés.
- A Diego, au foyer de la Sainte Famille et en France avec l’association Mendiego pour voir comment aider l’œuvre de Sr Jeanine.
- A Mende, entre nos deux diocèses, Diégo et Mende, en raison de la popularité de Mgr Sartre…
Quant à moi, j’ai été très heureux de ce pèlerinage et je confie à ma grand mère, décédée il y a quatre ans, ainsi qu’à Mgr Sartre, de soutenir encore par leurs prières ces enfants, ces missionnaires, et ces liens avec MADAGASCAR.
Merci, Veloma (au revoir).
P. Jacques RODIER, prêtre diocésain de Mende
département de la LOZERE
2jr1506(AT)wanadoo.fr





